Les déchets radioactifs

 Résumé

Le projet a été consacré à une étude bibliographique sur l’importance de la radioactivité dans notre vie, et son utilisation dans plusieurs domaines. Le travail effectué consiste à étudier les généralités de la radioactivité, en décrivant les déchets radioactifs, leurs gestions et leurs retraitements qui restent actuellement très inquiétant, ce qui demande une grande précaution pour ne pas conduire plus à des accidents.

Introduction

Ce travail a été effectué dans le Laboratoire de Physico-chimie des Matériaux Appliqués de la Faculté des Sciences Ben M’Sik.

La radioactivité est omniprésente dans notre vie quotidienne et sans elle, le soleil ne peut pas rayonner de l’énergie, l’univers ne contiendrait que de l’hydrogène et notre planète deviendrait froide, sans la chaleur dégagée par des désintégrations radioactives qui se produisent à l’intérieur des roches dans la croûte terrestre.

Alors notre vie s’est développée dans un bain constant des rayonnements et nous sommes-même radioactifs, du fait de présence certains éléments radioactifs dans notre corps comme le potassium  (40K) et le carbone (14C).

Dans ce rapport, nous présentons une étude bibliographique sur l’origine de la radioactivité et ses caractéristiques, quelques domaines d’application sans oublier ses avantages et ses inconvénients lors de son utilisation et aussi des accidents désastreux qui sont causés par son emploi.

Nous décrivons aussi les déchets radioactifs et leurs types sans oublier les méthodes de gestion de ces déchets et leurs recyclages.

1. Généralités sur la radioactivité


1.1 Origine

Photo 1 : Henri Becquerel
Photo 1 : Henri Becquerel

La radioactivité est un phénomène physique naturel qui a été découvert en 1896 par Henri Becquerel (photo 1) , qui a fait ses études sur la phosphorescence des substances .Il a observé qu’un minéral de  l’uranium  a impressionné les plaques photographiques. Très vite confirmé par le couple Curie, les trois ont partagé le prix Nobel physique en 1903. (Henri MICHELET, 1973) [1].

 

1.2 Définition

Dans la nature, la majorité des noyaux d’atomes sont stables, mais les autres sont instables car ils possèdent le nombre de protons et de neutrons différents. Alors ils sont obligés de se transformer pour avoir un état stable en émettant l’énergie sous forme de rayonnements.

Les atomes qui possèdent cette propriété de transformation spontanée sont appelés « radionucléides » [2].

Figure 1 : Transformation du 226Ra en 222Rn en émettant α.
Figure 1 : Transformation du 226Ra en 222Rn en émettant α.

On distingue 3 types de rayonnements :

Le rayonnement alpha [α] :

Emis par les atomes possédant trop de protons et de neutrons. Il correspond à l’émission d’un noyau d’atome d’hélium , (la particule alpha) par exemple : la transformation du 226Ra en 222Rn  (figure1) [2].

Ce type de rayonnement ne dépasse que quelques centimètres dans l’air. Il peut être arrêté par une simple feuille de papier (Figure4).

Le rayonnement bêta [β] :

Figure2 : Emission du β-lors de transformation de 60Co en 60Ni
Figure2 : Emission du β-lors de transformation de 60Co en 60Ni

Emis par des atomes ayant un écart entre le nombre de protons ou de neutrons. Il existe deux types de transformations β :

  • β– : Lorsque le neutron se transforme en proton et le noyau émet un électron chargé négativement.
  • β: Le proton se transforme en neutron et le noyau émet un anti-électron chargé positivement.

Par exemple : La transformation du 60 Co en 60Ni avec émission d’un électron β- (figure2)
Ce rayonnement ne dépasse que quelques mètres dans l’air.Il est stoppé par une vitre ou une feuille d’aluminium (figure4).

Le rayonnement gamma [γ] :

Figure3 : transformation de 60Co en 60Ni en émettant γ
Figure3 : transformation de 60Co en 60Ni en émettant γ

Emis par les atomes possédant trop d’énergie. A titre d’exemple : Le 60Co se transforme en 60Ni « excité », qui lui même retrouve sa stabilité en émettant des rayonnements γ (figure 3).

Le rayonnement gamma est bien plus pénétrant que les autres types de rayonnements (figure4), il peut parcourir une centaine de mètres dans l’air. (Sophie FAUCONNIER ,2006) [2].

 Figure 4: Pouvoir de pénétration des rayonnements
Figure 4: Pouvoir de pénétration des rayonnements

1.3 Les caractéristiques de la radioactivité

Figure 5 : La loi de la décroissance radioactive
Figure 5 : La loi de la décroissance radioactive

Chaque radionucléide est caractérisé par sa période radioactive, c’est le temps au bout duquel la moitié des atomes radioactifs, initialement présents, a disparu par transformation spontanée. Cette caractéristique a été découverte par Rutherford et Soddy (figure5). (SOPHIE FAUCONNIER ,2006) [2].

Radionucléides Période radioactive
Tableau 1 : Période radioactive de quelques isotopes
L’uranium  238U 4,5 milliards d’années
L’uranium  235U 710 millions d’années
Carbone  14C 5730ans
Césium  137 Cs 30 ans
d’iode  131I 8 jours
Fluor  18F 110 minutes

Le taux de radiation d’une substance diminue avec le temps, car les atomes qui se désintègrent se transforment en atomes stables qui sont non radioactifs [2].

L’unité de mesure de la radioactivité est le Becquerel (Bq). Il mesure le nombre de noyaux radioactifs par seconde : 1Bq=1désintégratin par seconde [2].

Le Gray (Gy) pour mesurer la dose absorbé par un organisme ou un objet exposé aux rayonnements [2].

Le Sievert (Sv) permet de mesurer les effets de la radioactivité sur les organismes vivants [2].

1.4 Type de radioactivité

La radioactivité peut être naturelle quand elle est liée à la présence d’éléments naturellement radioactifs dans notre environnement ou artificielle quand elle est liée aux activités humaines comme l’énergie nucléaire civile ou militaire. [2]

La radioactivité naturelle

La (figure 6) montre le chemin de la radioactivité naturelle qui est présente dans les roches de l’écorce terrestre et le rayonnement cosmique qui sont à l’origine d’une exposition externe pour l’homme, alors que les radioéléments inhalés dans l’air ou ingérés par l’eau et les aliments causent une exposition interne.

Figure 6 : les chemins de la radioactivité naturelle
Figure 6 : les chemins de la radioactivité naturelle

Le rayonnement cosmique constitué de noyaux d’hydrogène et d’hélium de grande énergie qui par collision avec les atomes de l’atmosphère produisent des atomes radioactifs comme le carbone 14, il varie avec l’altitude (Henri MICHELET, 1973) [1].

Figure7 : le rayonnement cosmique.
Figure7 : le rayonnement cosmique.

La radioactivité du sol (ou rayonnement tellurique) émis par de nombreux éléments radioactifs présents dans l’écorce terrestre, comme l’uranium et le thorium. Il varie selon la nature du sol [2].

La (figure 8) montre qu’il y’a une succession de désintégration de l’uranium 238U  jusqu’au radon (gaz), les descendants de l’uranium 238U émettent des rayons α, β qui restent prisonniers des roches, alors que les rayons γ s’en échappent. Une partie du sixième descendant de l’uranium (radon) s’échappe du sol vers l’atmosphère.

Figure 8 : Les désintégrations successives de minerai d’238U existant dans les roches
Figure 8 : Les désintégrations successives de minerai d’238U existant dans les roches

La radioactivité des eaux, dépend de la géologie des terrains qu’elles drainent. Les eaux minérales sont plus radioactives que les eaux de surface [2].  La radioactivité naturelle remonte à l’homme à travers la chaîne alimentaire. Des atomes gazeux de radon se transforment après quelques jours en atomes de 210Pb, qui sont fixés par des aérosols et retombent en fine pluie sur la surface terrestre. Les atomes qui se retrouvent dans l’eau ou dans des sédiments ont amplement le temps (leur période est de 22.3 années) de passer dans l’organisme d’êtres vivants (figue9).

Figure 9 : le transfert de radioactivité dans un environnement aquatique
Figure 9 : le transfert de radioactivité dans un environnement aquatique

La radioactivité du corps humain, de l’ordre de 120 Bq/kg par exemple : 8400 Bq pour une personne de 70 kg est due à l’ingestion d’aliments contenant des éléments radioactifs (14C, 40K).Comme le thé, le lait poudre, les pommes de terre (figure 10).Après ingestion ces radionucléides viennent se fixer dans les tissus et les os. Les atomes de 40K et de 14 C émettent principalement des électrons  β qui sont absorbés sur place [2].

Figure10 : Activité du 40K dans divers aliments
Figure10 : Activité du 40K dans divers aliments

La radioactivité artificielle.

Photo2 : Centrale nucléaire
Photo2 : Centrale nucléaire

Les radionucléides « artificiels » sont des éléments radioactifs qui n’existent plus sur la Terre. La radioactivité artificielle a été découverte par Irène et Frédéric Joliot-Curie en 1934.

La production de radionucléides artificiels se fait au moyen d’un réacteur nucléaire (photo2). Certains radionucléides peuvent être utilisés comme source d’irradiation pour des applications industrielles ou médicales (radiothérapie) (Henri MICHELET, 1973) [1].

1.5 Domaine d’application

Les rayonnements sont utilisés dans des nombreux domaines, principalement en chimie, en biologie, en médecine, en archéologie, dans les sciences de la Terre et de l’univers, en agro-alimentaire ….

Utilisation dans le domaine énergétique.

La production de l’électricité. A titre d’exemple : 80 % de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire (CEA ,2002) [3].

Utilisation dans le domaine médical.

Les radiations ionisantes peuvent détruire les cellules tumorales et constituent une thérapeutique efficace contre le cancer [3].

Applications industrielles.

L’irradiation agroalimentaire qui permet une meilleure conservation des produits, en éliminant les insectes parasites des céréales, des fruits et des légumes frais et en pasteurisant et débactérisant le poisson et la viande.

La stérilisation par rayonnement γ existe pour la stérilisation des objets, tels que le matériel médico-chirurgical. On peut l’utiliser pour la conservation d’objets en archéologie.

Photo 3 : Explosion nucléaire
Photo 3 : Explosion nucléaire

La datation archéologique au 14C, permet de déterminer l’âge d’objets de moins de 50 000 ans. On utilise d’autres isotopes pour déterminer l’âge aux événements qui décrivent l’histoire de la Terre… (CEA, 2002) [3].

Les applications militaires, les armes nucléaires.

Il y’en a deux types: ceux qui utilisent l’énergie nucléaire pour créer des bombes atomiques, et ceux qui l’utilisent pour la propulsion dans des croiseurs, des porte-avions, sous-marins … (Comité international de la croix rouge, 2002)  [4].

1.6 Les bienfaits.

  • L’économie des ressources naturelles de la planète (gaz, charbon, pétrole notamment).
  • Une centrale nucléaire produit plus d’énergie qu’une centrale thermique classique, une tonne de charbon produisant autant d’énergie qu’un gramme d’Uranium, et occupe beaucoup moins de place
  • Les centrales nucléaires en fonctionnement ne coûtent globalement moins cher que les centrales à combustibles classiques. (Andrzej STRUPCZEWSKI, 1999)  [5].

1.7 Les inconvénients.

  • Les centrales nucléaires sont des cibles pour les organisations terroristes.
  • Une centrale nucléaire nécessite la présence d’une rivière ou d’un fleuve afin de refroidir le réacteur. L’eau qui en ressort est réchauffée, ce qui détruit la faune.
  • La sécurité de son utilisation est sous l’entière responsabilité de l’homme. Même s’il existe de nombreux systèmes de sécurité automatisés dans les centrales nucléaires, les personnes peuvent prendre des décisions erronées ou irresponsables. Ce qui a causé beaucoup des accidents comme : l’accident nucléaire dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine (1986), qui a été classé au niveau 7 sur l’échelle INES [2]. Les catastrophes naturelles peuvent engendrer des accidents nucléaires, c’est le cas de Japon à Fukushima en 2011au niveau 5 à l’échelle INES. (AIEA.2015) [6].

2. Déchets radioactifs


2.1 Définition

Photo 4 : Les déchets radioactifs
Photo 4 : Les déchets radioactifs

Un déchet radioactif est tout ce qui ne peut plus être ni recyclé ni réutilisé, il provient de plusieurs domaines, mais on trouve un grand pourcentage (60%) dans le secteur électronucléaire, puis un pourcentage moyen de (27%) dans le domaine de recherche mais leurs existences dans les domaines de défense, de l’industrie non nucléaire et médical restent très faible (Figure11) (ARMAND FAUSSAT, 1997) [7].

Figure 11 : L’origine des déchets radioactifs en France en 2013
Figure 11 : L’origine des déchets radioactifs en France en 2013

2.2 Classification des déchets radioactifs.

La majorité des pays classifient leurs déchets selon deux paramètres :

Leur niveau de radioactivité : en fonction de la quantité et de la nature des substances qu’ils contiennent, ces déchets peuvent être très faiblement, faiblement, moyennement ou hautement radioactifs [7].

Leur période radioactive: dépend du temps pendant lequel les substances qu’ils contiennent resteront radioactives [7].

 

2.3 Type de déchet

En fonction de ces deux paramètres, il existe 5 catégories de déchets radioactifs :

Tableau 2 : Les types de déchets, leurs origines leurs demi-vie et leurs niveau de la radioactivité (Benjamin ROTENBERG, 2007) [8].
Type de déchet Origine Niveau de radioactivité (en Bq/g) Demi-vie des radionucléides
Haute activité (HA) Issus du traitement des combustibles usés des centrales nucléaires (les produits de fission et les actinides mineurs). Plusieurs milliards à plusieurs dizaines de milliards. Variable
Moyenne activité à vie longue (MA-VL) Des objets métalliques qui entourent des combustibles usés des centrales nucléaires  (coques et embouts). Entre un million et un milliard >31 ans
Faible activité à vie longue (FA-VL) Déchets radifères et les déchets de graphite issus de démantèlement des réacteurs nucléaire de 1ère génération. Entre 10000 et quelques centaines de milliers. >31 ans
Faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC) Lié à la maintenance des installations nucléaires.

Les déchets des hôpitaux et des laboratoires de recherche comme des gants, des filtres…

De quelque centaines de milliers à un million. ≤31 ans
Très faible activité (TFA) 50 % industriels banals (ferrailles, plastiques),

40 % inertes (bétons, briques, terre)

10 % matières spéciaux (des boues, des cendres)

En générale inférieur à 100 Variable

2.4 Gestion des déchets.

L’avantage des déchets radioactifs est que leur dangerosité décroît. Alors il faut avoir une bonne gestion qui va nous permettre d’isoler les déchets radioactifs pour que leur radioactivité diminue au point de ne plus présenter de risque.

Il y’a étape à suivre pour la gestion des déchets radioactifs :

Le tri : Permet de séparer les déchets selon leurs caractéristiques, ainsi la période radioactive des radionucléides qu’ils contiennent.

Le traitement et le conditionnement : On traite les déchets selon leur nature par exemple : fusion, cimentation, vitrification, incinération, compactage, calcination. On conditionne les déchets dans les conteneurs pour obtenir des colis de déchets.

L’entreposage : Les installations des entreposages sont utilisées pour accueillir les colis de déchets pendant une durée limitée.

Le stockage : Un dépôt définitif pour les colis de déchets (ANDRA, 2009) [9].

Tableau 3 : Mode de déchet de chaque type de déchets [9]
Type Traitement et conditionnement préparation des colis Entreposage Stockage
 

 

 

Les déchets HA
MA-VL

Une poudre noire après leur calcination. puis incorporer dans une patte de verre. On met le mélange est dans un conteneur en inox.

Compactés, sous forme de galette pour réduire leurs volumes.

Posés dans des  colis en béton ou en métal.

 

 

 

 

 

Entrepôts spécifiques. situés sur les sites de production.

 

Stockage profond environ 500m
Les déchets FA-VL

 

-La cimentation des déchets de graphite après on les pose dans un  conteneur en béton.

-Les déchets radifères  conditionnés dans des fûts en métal.

Entrepôts spécifiques. situés sur les sites de production Stockage à faible profondeur (15m à 200m)
Les déchets FMA-VC -Compactés pour réduire leurs volumes.

-Solidifiés s’ils sont liquides.

-Placés dans un conteneur en métal ou en béton

Compressés sous formes de galette pour réduire leurs volumes.

Placés dans des caissons métalliques de grande taille pour les déchets les plus volumineux

Stockage dans des cases en béton armé en comblant les intervalles par : gravillon pour les colis en béton,

-béton pour les colis métalliques.

Les déchets TFA Des caissons métalliques ou dans des grands sacs en tissu plastifié appelés « big-bags » Compactés  pour réduire leurs volumes, emballés dans du vinyle,

-Solidifiés, s’ils sont liquides (boues, les eaux polluées).

Stockage dans les alvéoles creusées dans l’argile

8 mètres de profondeur

2.5 Stockage en mer

Plus de 100 000 tonnes de déchets radioactifs ont été déversés dans des conteneurs en béton, au fond des océans (en atlantique principalement) par une douzaine de pays dont principalement :

  • Le Royaume-Uni (76,55 %);
  • La Suisse (9,64 %);
  • Les États-Unis (7,67 %);
  • La Belgique (4,63 %);
  • La France (0,77 %)

Ce stockage en mer a été utilisé des années 50 à 80 car ces pays ont cru que la radioactivité aurait pu «se diluer » dans l’eau !

Certains conteneurs devaient rester étanches environ 500 ans, pour éviter la dispersion des rayonnements dans la mer. Mais une partie d’entre eux sont fissurés ou ouverts 30 ans après leurs immersions. Cela conduit certains opposants à soupçonner certaines particules de pouvoir remonter sur les plages (Armand FAUSSAT.1997) [7].

2.6 Recyclage

Les déchets radioactifs ne sont pas recyclables. Mais on peut les retraiter (Revue.2009) [10].

Le retraitement est inutile : L’uranium issu du retraitement, est réutilisable, n’est en réalité recyclé dans aucun réacteur. Il faut le stocker comme les autres déchets radioactifs.

Le plutonium issu du retraitement peut être mélangé avec de l’oxyde d’uranium pour former du Mox. Celui-ci peut être utilisé dans les réacteurs nucléaires, mais il est plus coûteux que le combustible classique et ne peut le remplacer que très partiellement (au maximum 30 %) [10].

3 Déchets radioactifs au Maroc


Photo 5 : Centre CNESTEN
Photo 5 : Centre CNESTEN

CNESTEN (Centre National de l’Energie des Sciences et des Techniques Nucléaires), a été construit en 1986, c’est un établissement public qui a pour mission la recherche au niveau de l’application de la technologie nucléaire dans différents secteurs (l’industrie, la médecine, l’agriculture et l’environnement).Une autre activité importante : la faisabilité du traitement et le stockage de ses propres déchets nucléaires et de ceux d’autres structures, tels que les hôpitaux et les universités. Le positionnement a été consolidé grâce aux infrastructures du Centre d’Etudes Nucléaires Mâamoura ‘CENM’, situé à 25 Km au nord de Rabat au sein de la forêt de la Mâamoura, s’étend sur une surface de 25 hectares et emploie 260 personnes dont la moitié est des scientifiques (docteurs, ingénieurs, techniciens…). Le CENM est constitué de plusieurs bâtiments :

1-Département Réacteur (Module R):

Photo 6 : Le réacteur nucléaire [11]
Photo 6 : Le réacteur nucléaire [11]
Un réacteur de recherche de type (TRIGA Mark II) de fabrication américaine. TRIGA « Training Research and Isotope production General Atomic » de puissance 2MW, a été construit selon les normes et standards internationaux de sûreté nucléaire. Ce bâtiment résiste aux tremblements de terre.

Photo 7 : Vue intérieure du réacteur
Photo 7 : Vue intérieure du réacteur

2-Département d’Instrumentation et Applications industrielles des Rayonnements Ionisants (module T).

Ce module dispose des outils de diagnostic et de contrôle des matières premières dans les installations industrielles et qui permet d’optimiser les processus industriels d’une manière générale.

3- Département des applications dans Sciences de la Terre et l’Environnement (module A).

Ce module mesure la radioactivité naturelle et  l’utilise dans l’étude de certains phénomènes naturels A titre d’exemple : minéralisation et pollution des nappes, étude de l’érosion, évaluation de fertilité du sol, datation par les méthodes nucléaires dans le domaine géochronologique.

4-Département des techniques nucléaires dans le secteur de la santé (module L).

Elle propose aux services de médecine nucléaire une gamme variée de produits radio- pharmaceutique. Les laboratoires du Module L du CENM assurent la production d’une multitude de produit et ont des objectifs a atteindre comme la recherche, le développement et production des radio pharmaceutiques… la recherche dans les domaines de la santé publique comme cancérologie, maladies infectieuses, sécurité alimentaire.

 5- Département de gestion des déchets radioactifs (module D)

La gestion des déchets radioactifs se place aux premières occupations du CNESTEN. Pour cette raison le CESTEN a déployé tous ses efforts afin de concevoir le module D avec grande délicatesse. Il y’a 2 bâtiments qui gèrent les déchets radioactifs :

 Photo8 : Evaporateur [12]
Photo8 : Evaporateur [12]

Le bâtiment de traitement : traite 2 types de déchets radioactifs (liquide et solide). Pour les déchets liquides, on utilise un évaporateur (photo 8) qui répond à toutes les normes de sécurité et se distingue par sa forme conique pour l’infiltration du le liquide radioactif qui a une densité supérieure à celle de l’eau, ainsi le liquide restant en haut est pur et non radioactif.

Par exemple : si on a 5000 L de mélange radioactif, 4800 L reste en haut et 200 L de boue radioactive tombe en bas grâce à la gravité et la forme d’évaporateur.

Photo9 : Fût contient les déchets [12]
Photo9 : Fût contient les déchets [12]
Après on prend 40L de la boue et on la met dans un fût (photo9) et on l’injecte avec un mélange de ciment et de sable et de pierre, après on met le fût dans la machine (photo10) pour assurer l’homogénéisation.

Photo 10 : Machine d’homogénéisation [12]
Photo 10 : Machine d’homogénéisation [12]
Photo11 : Machine sous pression [12]
Photo11 : Machine sous pression [12]
 

Pour les déchets solides on les met dans un fût et on les compresse en utilisant la machine sous pression (photo11).

 

 

 

Le bâtiment de l’entreposage : Des alvéoles (photo12) construites selon les normes de la sécurité, pour isoler les déchets de l’homme et de l’environnement.

Photo12 : Alvéole contenant des déchets [12]
Photo12 : Alvéole contenant des déchets [12]

Conclusion


Le projet a été consacré à une étude bibliographique sur les généralités de la radioactivité, en décrivant les déchets radioactifs et leurs gestions sans oublier leurs retraitements.

La radioactivité est une formidable découverte pour la science, qui nous a permis une grande avancée dans plusieurs domaines comme la médecine ; grâce à la radioactivité on peut guérir la plupart des cancers ; l’archéologie (datation en utilisant le14 C), et la production d’énergie qui ne rejette pas de dioxyde de carbone CO2.

Pourtant lors d’exposition trop élevé a des effets très néfastes sur le corps humain comme les cancers mais aussi sur l’environnement, ces effets peuvent être mortel tels que l’explosion de Tchernobyl.

Sans oublier l’utilisation de la radioactivité rejette des déchets qu’on doit nécessairement les traiter, mais le stockage reste très inquiétant, ce qui demande une grande précaution pour ne pas conduire plus à des catastrophes.

Le Maroc, avec son centre CNESTEN, essaie de s’introduire dans le monde du nucléaire avec quelques recherches et la production de quelques produits utilisés dans la médecine en respectant les normes sécuritaires de la gestion des déchets.

 

Références


[1] Henri MICHELET (1973) la radioactivité…. Bienfaits ou malheur dans notre temps ? . Dans Echos de Saint-Maurice, tome 69 p. 276-286.

[2] Sophie FAUCONNIER (2006) .Thèse : Etude 201 cas de cancers de la thyroïde en Corse entre 1985 et 2006.UNIVERSITE RENE DESCARTE PARIS 5.

[3] Commissariat à l’Énergie Atomique, 2002 Direction de la communication Bâtiment Siège – 91191 Gif-sur-Yvette cedex www.cea.fr ISSN 1637-5408 livret –radioactivité.

[4] Comité international de la Croix-Rouge, (les armes nucléaires) seconde édition, février 2013.

[5] ANDRZEJ STRUPCZEWSKI. Evaluation comparatives des émissions provenant des systèmes énergétiques avantages et inconvénients. AIEA BULLETIN 11/1/1999.

[6] AIEA  (Agence International de l’Energie Atomique), Aout 2015, rapport du directeur général l’accident de Fukushima Daiichi.

[7] livre : Armand FAUSSAT (1997) Les déchets nucléaires: les connaître, nous en protéger, Stock.

[8] Benjamin ROTENBERG (2007). Thése: Modélisation multi-échelle du comportement de l’eau et des ions dans l’argile. UNIVERSITE PIERRE ET MARIE CURIE- PARIS 6.

[9]  L’INVENTAIRE NATIONAL DES MATIÈRES ET DÉCHETS RADIOACTIFS Andra – 350 – juin 2009 – 2 000 ex – DCAI-CO-09-0050 – ISSN : 1629-5730.

[10] La revue Sortir du nucléaire n°41, janvier 2009 (le recyclage).

[11] http://www.cnesten.org.ma/index.php?option=com_content&view=article&id=2&Itemid=825&lang=fr

[12] VIDEO (AINEK MIZANEK/ les déchets médicaux) https://www.youtube.com/watch?v=gmJ5DV43w44

Auteurs


Ce travail a été réalisé par :

  • Hanane BOUTRAIH

Sous l’encadrement du professeur EL BOUARI Abdeslam

LISTE DES INTERVENANTS DU DÉPARTEMENT DE CHIMIE (SMC)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *